
Si un jour tu passes par-dessus les tourmentes
Et que ton horizon tout à coup se dévoile,
Ne cherche pas plus loin, c’est ici ton étoile,
Au bout de l’océan, sans vagues écumantes.
Si après tant d’errance et tant d’amours déçues,
Si toute ton histoire est trop lourde à porter,
Coupe alors le filin et prends ta liberté
Comme seul équipage et comme seule issue.
Si tout à coup tu vois ton amour s’en aller
Et que tu ne sais plus où ton âme sommeille,
Brise alors ton carcan et ton coeur ficelé
Pour écouter la voix qui chante à ton oreille.
Si un jour ton étrave au bout de ton voyage
Ne trouve plus de vent pour souffler dans tes toiles,
Accroche à l’écume qui trace ton sillage
La sirène endormie à l’ombre de tes voiles.
Si demain les ténèbres habitent ton destin
Si ton coeur écorché par trop d’indifférence
Ne sait plus où aller, écoute son refrain,
Entends la mélopée de l’ondine qui danse.
Si un jour l’amertume te tient prisonnier
Et que tes amarres veulent se dénouer
Laisse-toi emmener au bout de l’infini,
Au royaume du rêve, dans le creux de son nid.
Jeannine Biehler - Mai 2007
Poème extrait du recueil Si j'étais...
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