Poème Voyage au Bhoutan

« Sur les ailes du vent j'ai franchi des rivières

Des océans profonds, des immenses déserts

Pour arriver enfin au bout de l'estuaire

Où mes yeux éblouis regardent vers Cythère. »

 

Il y a très longtemps, j'ai fait un beau voyage

Dans un joli royaume loin des routes tracées

Posé tel un écrin sur les monts escarpés

Du grand Himalaya aux vierges paysages.

 

L'avion s'est envolé au-dessus des sommets

Qui atteignent le ciel immaculé de neige

Pour se poser au sol du tarmac bhoutanais

Accueillant l'étranger happé par ce doux piège.

Le sourire aux lèvres, les habitants rieurs

Vivent dans ce joyau aux maisons en bardeaux.

Ils pendent aux volets des fleurs et des drapeaux

Son nom est le Bhoutan, le pays du bonheur.

La « Terre du Dragon » aux coutumes antiques

S'introduit doucement dans la modernité

Exploitant savamment sa culture authentique

Le pays sait garder sa personnalité.

L'harmonie des temples suspendus aux rochers

Confère au visiteur le sacré de Bouddha

Les Dzongs majestueux offrent tout leur éclat

En accrochant le rêve aux sommets enneigés.

Le songe se précise lorsqu'on va de l'avant

Sur les chemins pierreux en des lieux verdoyants

La nature admirable inonde de splendeur

Les yeux écarquillés de chaque voyageur.

La sente traverse des terres cultivées

Pour grimper au-dessus des arbres clairsemés.

Des chèvres et des yacks pâturent dans les combes

Près des maisons en bois que la piste surplombe.

On monte lentement à l'assaut de la pente

Devenant désertique et sans végétation

La côte se raidit et devient fatigante

Mais révèle un monde sans civilisation.

Moraines et séracs annoncent le glacier

Qui s'étend sur les flancs d'un surplomb féérique.

On peut apercevoir au détour du sentier

Le mont Chomolari, sa beauté fantastique.

Le froid et l'altitude est gommé face au charme

Des innocents attraits de ce titan de glace

Qui accroche son dôme au plafond de l'espace

Et sa pure blancheur attendrit jusqu'aux larmes.  

La trace monte encore vers le grand belvédère

Couronné de magie en ces pics monstrueux.

Avec le souffle court, le feu dans les artères

L'étape s'établit dans ce lieu merveilleux.

Le lendemain matin, le silence réveille

Les corps emmitouflés dans le doux des duvets

La neige recouvre de son charmant ballet

Le campement frileux que la montagne veille.

Difficile défi de reprendre la marche

Quand le vent glacial accompagne les pas

La bourrasque endigue la chétive démarche

Des pieds foulant le sol allant cahin-caha.

Plusieurs jours ont passé dans l'univers glacé

De ces lieux imposants, aux paisibles contours

Yalila et son col tellement haut perché

Redonne de l'audace et de l'humilité.

Le Chörten[1] accueille les drapeaux de prières

Flottant au vent glacé d'un univers hostile

Où les âmes perdues, essences volatiles

Flânent sur les sommets aux mémoires d'hier.

Il n'y a plus de mots décrivant la beauté

De ses sommets blanchis par l'infini sacré

C'est la nature reine et son immensité

Qui suspend dans les nues toute l'éternité.

 

Il y a très longtemps, j'ai fait un beau voyage

Dans un joli royaume loin des routes tracées,

Posé tel un écrin sur les monts escarpés

Du grand Himalaya aux pitons d'un autre âge.

 

Poème écrit en janvier 2014 - Tous droits réservés

 

[1] Le chörten (prononcer Tcheutèn) est la forme tibétaine des stūpas bouddhiques que l'on retrouve dans l'ensemble de l'Asie et des régions himalayennes. L'architecture et l'influence tibétaine sont très marquées au Bhoutan qui est le voisin du Tibet.

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