Prose poétique Le temps est trésor

Si un jour tu passes sur le bord de sa route, dis-toi bien que le temps ne s’arrêtera pas. Il ne sert à rien de lever ton pouce pour qu’il te prenne sous son aile, ton destin te conduira inévitablement sur le chemin de la vieillesse.

Tu voyages le long de ta vie qui défile comme un film sur sa bobine et les années sont un combat quotidien contre l’adversité.

Loin de toi le temps où tu te trouvais à l’abri dans ton cocon de douceur et ton premier cri était déjà le premier pas vers ton déclin.

Pourquoi t’attarder sur ces choses futiles qui t’empoisonnent l’existence et qui t’empêchent de vivre ton parcours dans la joie d’aimer ceux qui t’entourent ?

Tu n’es qu’un minuscule point au fond de l’univers, une poussière de larmes et de chair sur cette terre qui te porte et qui te nourrit.

Jusqu’où ira ta cupidité et ton orgueil alors que tu es le fruit de la terre qui te fait grandir ?

Ouvre les yeux et regarde l’écume de l’eau d’une cascade, écoute le chant du vent qui souffle sur la colline, contemple le vol léger du papillon, sent le parfum des fleurs des champs, respire l’odeur de mousse des sous-bois.

Laisse-toi prendre par l’exubérance des sensations qui t’envahissent et qui prennent possession de ton être.

Et puis, laisse derrière toi ta vie de pacotilles, car, à quoi bon courir après cette évidence, seule ton âme est sur la voie de l’éternité.

Elle seule survivra dans l’immensité du ciel, seul son aura ira se promener dans l’infini des plaines cosmiques.

Seul, tu es seul parmi la multitude et rien ne sert de courir, le temps ne se rattrape pas.

Le temps est ton unique trésor et si, au cours de ton périple, l’amour dépose sur ton cœur des bijoux de tendresse, laisse-toi enrouler dans ses draps de passion. Ne joue plus au conquérant, au maître de guerre, ne rêve plus de pouvoir et de puissance.

Tout comme l’oiseau, ouvre tes ailes et ne laisse pas le temps gâcher ton bien le plus précieux.

Va ! Droit devant, ne regarde pas en arrière, la vie vaut d’être vécue, avec ses rires et ses larmes.

Accroche tes semblables autour de ton cou, ils sont les perles qui te parent et te rendent beau jusqu’au plus profond de toi.

Le temps n’est rien d’autre qu’aimer…

 

 Jeannine Biehler - Texte extrait du recueil Mots avec vue sur vers  - Tous droits réservés

Version imprimableVersion imprimable | Plan du site Recommander ce site Recommander ce site
JB Poésie - Au rythme de la plume - Jeannine Biehler - © Copyright 2001/2019

Réalisation du site et de son contenu : Jeannine Biehler

Depuis 2002, ce site est hébergé par 1and1.