Prose poétique Merci à Morphée

La nuit est conquérante et prend d’assaut mon sommeil envolé je ne sais où. Cruelle compagne que cette insomnie qui me tient éveillée alors que tout est ombre et silence.

Pourtant, ce sont des instants privilégiés et uniques où l’inspiration m’emporte dans ses bras.

Morphée me joue des tours, mais je lui dis merci car les mots qui se glissent sur le bout de mes doigts sont simplement magie. Ils défilent en rangs serrés, grands et petits, heureux de naître et de grandir sur la page.

   Lorsque l’imagination me transporte sur des rivages inconnus, je peux ainsi donner un sens à ces mots engendrés, car chaque lettre en apporte une autre et sans être semblables, ces lettres te parlent d'amour. L’amour des mots, l’amour du verbe, l’amour du beau, l’amour de l’autre, l’amour tout court…

Durant de nombreuses années je suis restée enfermée dans une bulle.

J’y ai construit un endroit où mon imaginaire pouvait aller à sa guise sur les chemins rêvés.

De cette bulle, sont nés la respiration et le souffle d’air nécessaires à une renaissance pour éclater en gouttelettes irisées sur les feuillages verts tendres d'un jardin poétique.

Elle a ainsi donné le jour à une fleur exquise et délicieuse qui pousse le long des sentes de ma conscience. Libérée de mon carcan translucide, je suis allée cueillir la pluie du ciel pour la répandre dans l’immensité et sur les mots éclos. Les mots ne sont plus emprisonnés. Ils peuvent vivre en bonne harmonie avec mon âme et je les laisse prendre possession de ce Tout qui trace les méandres de mes pensées vagabondes.

Je sais que la parole est nécessaire et même primordiale afin que la compréhension et le partage avec l’Autre puissent fonctionner. Après des années de silence où les mots étaient refoulés dans ma gorge, aujourd’hui, il n'est plus difficile de me laisser aller vers l'écoute de ma voix qui exprime mes expressions littéraires.

 Puisqu’il est écrit que la parole et l’écriture sont une même entité, je parle avec toi lecteur, je te parle de ce qui est écrit…

Rejoins-moi dans l’immensité des mots, écoute bien cette voix, c’est la mienne, bientôt elle ne sera plus un murmure. Et, si ma prose est digne d’un poète, si mon verbe trouve un jour son preneur, qu’importe le verdict, avec lui, je suis…

 

Jeannine Biehler - Mars 2007 - Prose extraite du recueil De rives en dérives - Tous droits réservés

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