De rives en dérives - Parution 2014

 Les premières pages du recueil

 

Préambule

 

 Dis-moi, puis-je aller vers ces mots qui emportent les jours afin qu'ils te parlent de moi ?

Ces lettres mises bout à bout s'allongent doucement sur ces pages blanches pour t'offrir mes multiples émois et mes déraisons vagabondes.

Je suis tellement en attente de tes yeux penchés sur mes poèmes que mon bonheur est incomplet puisque tu ne viens pas à moi, ou bien trop peu.

Puis-je espérer ta venue en mes printemps baignés de soleil et de lumière d'être ? Je t'invite sur l'espace des mots pour te faire découvrir mes matins clairs et l'ardente parole accrochée à mes rives et mes dérives.

Je suis là, près de toi, seulement, le sais-tu ?

Sais-tu combien l'espoir s'effrite à force de souhaiter les instants discrets où tu daignes t'installer sur le papier lustré par l'encre de mes inspirations ?

Juste pour toi, puis-je allumer ces feux de joie qui attisent les élans fleuris de ma prose ?

J'ai passé du temps à tresser chaque vers, à entrelacer chaque lettre afin de te proposer les écheveaux de mes différents chemins poétiques.

Chaque fois que tu tourneras une page, tu te retrouveras transporté sur ces mots-douceur qui tapissent ma maison d'amour.

Me voilà maintenant à mon neuvième enfantement et ces mois de gestation lyrique s'enchevêtrent autour de mon ventre jusqu'à la délivrance ultime et le passage vers le réel du papier qui est maintenant là, devant toi.

Dis-moi, puis-je te tendre une main amie pour t'entraîner au-delà de tes jours sombres afin de passer avec toi par la fenêtre des rêves, en déposant à tes pieds tous ces mots cavaliers qui chevauchent les intervalles solaires forgeant l'imaginaire.

Je ne suis pas magicienne et mon pays ne s'appelle pas Oz. La muse à qui appartient cet univers s'appelle Calliope ou bien Erato, ou Terpsichore, ou encore Thalie. Tous ces jolis noms qui ont fait mon histoire en ce domaine radieux t'espèrent.

Puis-je t'inviter à la table des mots pour déguster mes quatrains dont le délicieux mélange saura alimenter les lignes affamées de ton esprit en quête d'absolu ?

Puisque nous sommes en ces lieux où la haine n'a pas sa place, je te remercie de tenir entre tes doigts les friselis délicats de ma poésie.

Sais-tu ce qui t'attend après ces premières lignes ? Ne sois pas inquiet, le pays d'où je viens est à l'opposé de la cruauté et de la violence.

Prends ton temps, installe-toi confortablement et suis-moi le long des corridors éclatants de la tendresse et de la fraternité. Accoste sur les berges d'amour de mon grimoire et permets-toi une pause charmante, avec, au menu, ces mots qui te parlent de moi, ces mots qui ont creusé les méandres de mon fleuve au long cours.

Merci d'être là !

Jeannine B

 

***

 

I

Méandres poétiques

 

Naissance des mots

Alphabet universel

De lettres bohèmes

 

Je suis venue

 

Je suis venue m'installer en ces mots

Sur l'espace clair de tes yeux grands ouverts

Comme si l'amour était le message

Du verbe originel.

 

Je suis ainsi venue sans me hâter

Pour nicher sur la branche d'un arbre solitaire

Qui domine tes songes embarqués vers Cythère

Pour un instant gracieux.

 

Je suis venue flâner sur les pas d'un poème

Pour y poser la trace des rimes embellies

Par l'émotion perçue quand les mots sont joyaux

Quintessence attrayante qu'offre la poésie.

 

Je suis venue déposer l'alphabet

Qui reflète l'envol de mon encre féconde

Et qui trace dans l'air toutes les inspirations

De ces mots colorés de quatrains triomphants.

 

Je suis venue m'installer en ton cœur

Pour t'apporter ce rêve que tu as oublié

Comme si la muse retenait tes pensées

En ces lettres bohèmes.

 

***

Poser un instant

La main sur le papier

Et tracer des mots.

 

Empreinte

 

Mes doigts remplis de poèmes

Apostrophent les mots.

Dans un conciliabule temporel

Qui appelle les regards

Sur les rives de lumière,

Je trace la survivance

Des intervalles feutrés

Fuyant la cohue du monde.

 

Dans l'écrin silencieux et opaque,

La mémoire se dévoile

Au prisme transparent

De la félicité et ses pas singuliers

Ravivent l'espérance

D'être l'encre subtile

D'une strophe éthérée

Marquant l'empreinte de mon être.

 

Que reste-t-il après la dernière page

Lorsque les yeux se posent ailleurs,

Sur d'autres chemins de mots ?

Les étés réchauffent les cœurs,

La flamme se perd et s'éteint

Quand une larme se pose

Sur le papier avide de marges.

Le regard rêveur s'éloigne, troublé.

 

Mes doigts cherchent sans cesse

La poésie enchanteresse et douce

Qui captive l'insondable prose

Jusqu'à agripper la cime des mots.

Je trace les coïncidences hasardeuses

Des silhouettes aux jambes courbes

Qui daignent naître sur le fil gracile

De l'horizon blanchi au suc des étoiles.

 

Clarté délicate destinée au futur

Le poème radieux s'étale comblé

Sur la trame en suspension.

Le temps arrondit la surface plane

D'une fantaisie fictive

Et les légendes se recroquevillent

Sur la plume imaginative

En des signes jaillissant de l'âme.

 

Extraits du recueil De rives en dérives

 

Textes déposés à la Bibliothèque de France

 

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