La parole des mots - Parution 2015

 Les premières pages du recueil

« Parle-moi du son des mots

Qui dansent sur la piste des rêves. »

 

La parole des mots

 

J’ai tellement entassé de mots

Sur les bords vierges des pages

Que des lettres en corolle

S’étoffent en robes noires

Sur des étendues limpides et lisses

Où mes doigts vaillants s’enhardissent

À pétrir leur charmant florilège.

 

J’enfante maintenant des signes printaniers

Que les fleurs des pommiers

Dispersent aux quatre vents

En s’envolant vers l’immensité angélique.

 

J’ai tellement bercé le lit de l’alphabet

Que la rondeur des voyelles

Roulent sur le grain de ma peau

Comme l’infini d’un livre ouvert

Sur le feuillage verdoyant de mon être,

Qui tremble à l’approche du songe espéré

Sous les paupières baissées.

 

J’engendre désormais des bourgeons de rosée

Et mon regard s’abreuve au lait du jour

Pour s’évader de mes rêves

Dans la nudité crue de l’heure première.

J’ai tellement vécu le trait esquissé

D’une main malhabile

Que je réapprends sa ligne parfaite

De sa pointe effilée jusqu’aux courbes charnues

Dans ses contours lourds de sens

Et ma bouche ouverte

Explore ses soupirs inachevés.

 

Je compose ainsi la prière flamboyante

De ce gué qui franchit la vérité joyeuse.

La parole surgit sur le fil de ces mots

Aux lettres emmêlées d’échos, d’infinitude.

 

***

 

« En ses contours acidulés, le poème est né. »

 

Naissance

 

Feuille et calame dans les mains

Le poème n’est pas encore écrit.

 

Sur la marge, les lettres attendent

Le flot de la parole

Dans ce trait arrondi qui danse dans l’air

Lacérant la nue de ses langages feutrés.

 

En chemin, la page se pare de pousses nouvelles

Le poème avance sur la paroi blanche.

 

La terre fertile sillonnée de stries noires

Tressaille dans ma chair

En ce clair-obscur de ma pensée

Dans cet enclos de paix et de repos.

 

J’accueille dans le jardin immaculé

Le poème qui s’abandonne sur la surface lisse.

 

Les mots s’enracinent au creux des fleurs

Dessinent le visage fluet des voyelles

Se prélassant sur les joues des lignes

Et plante sans limites le mot bienvenu.

 

Il n’y a pas de fin au sentier impatient

Seulement le poème rejoignant les étoiles.

 

***

 

« La page blanche s’établit

Sur le fil ténu de la ligne. »

 

La page

 

Page exsangue en brume blanche

Sur la tiédeur des lignes

Les lettres marivaudent.

 

Le chemin noir se pavane

Imprégnant le silence

Du nectar des voyelles

Qui arrosent la parole insoupçonnée.

 

Je lance sur l’intervalle des consonnes

Le trait épais de quelques guillemets,

Petites larmes d’encre,

Gouttes d’oraison,

Perles d’ébène et de vent.

 

En cherchant sous l’écorce des pluriels,

Je délie le mot qui palpite en sa source,

Exhalant sa substance lettrée

Qui se pose sur la page opaline.

 

Je sème l’éloquence

Pour franchir l’immensité.

Les bras chargés d’espoir,

Mes lèvres au grenat refleuri,

Soufflent le rêve qui passe.

 

Extraits du recueil La parole des mots

 

Textes déposés à la Bibliothèque de France

 

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