Poèmes à lire, Littérature, Poésie de Jeannine Biehler

Les poèmes sont extraits des différents recueils disponibles sur le site

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Les poèmes à lire

 

Les possibles

 

Sur la montagne des possibles
Cherche l’univers invisible,
Décrypte l’image gravée
Au rocher du temps révélé.


Sur chaque sommet escarpé,
Tes pas tracent ta destinée,
Dévoilant cet être absolu
Qui vit dans ce monde inconnu.


Les tables de ton existence
Ondulent dans cette mouvance.
Les jours reflètent les années
Passées loin de l’éternité.


Pars en quête de la Genèse,
Retrouve le chemin béni
De ce pays, ce paradis
Que tu mets entre parenthèses.


Écoute le fond de ton cœur,
Cherche le point des origines,
La source qui te prédestine
À la Lumière et au Bonheur.

 

***

Rien que lui

 

De saison en saison j'ai glané des baisers
Mouillés de rêves d'or d'embruns acidulés.
Sur la page noircie au parcours des années
C'est l'amour, rien que lui, qui fait ma destinée.

 

Étendu sous un arbre un cortège de songes
S'apprête à épouser les ombres qui s'allongent.
Il n'y a pas d'accès je suis bien vagabonde
Même à l'orée du temps qui entre dans la ronde.

 

De périple en périple, une allée étoilée
M'entraîne dans sa danse ignorant la douleur.
Son firmament brille par l'or de ses couleurs
Réchauffant l'univers aujourd'hui dévoilé.

 

Sous les branches du chêne à l'abri du hasard
Je puise dans sa sève un breuvage lacté
Au goût salé-sucré relent d'éternité
Et je me désaltère au savoureux nectar.

 

De demain en demain l'espoir habite encore
Un logis de douceur bien douillet pour le corps.
Pas d'hiver en ces lieux où la tendresse trouve
Sous la cendre du feu la braise qui la couve.

 

Rien ne peut arrêter la valse de mes bras
Enlaçant mes amours autour de mon chemin.
L'avenir sera beau même si mes matins
S'arrêtent sur le bord du malheur scélérat.

 

De royaume en royaume au bout de mon voyage
Quand le veilleur de nuit éteindra mon aura
L'amour et rien que lui sera mon seul message
En signant son doux mot au bas de mon contrat.

 

Alors je partirai toujours à l'aventure
Sur les pistes du ciel faisant face au destin.
Je me prélasserai sous le dais qui perdure
Par le cours de ma vie goûtée à pleines mains.

 

***

 

Une nuit

 

Une nuit
Le ciel charriait ses ténèbres
Dans ses cliquetis d'étoiles
Et de constellations lointaines.

 

Au creux des origines
Les ombres des planètes
Dansaient sous d'imposants baliveaux
Aux larges ramures obscures.

 

Les siècles s'étaient installés sous l'astre lunaire
Passagers indolents de l'univers figé.
Ils se dressaient comme des majuscules
Fiers d'aller et venir dans l'immensité

Portant sur leurs épaules le poids du temps.


L'espace était scintillement neigeux
Le jour s'entrechoquait avec l'obscurité
Et au milieu des bourdonnements sourds
Le jardin palpitait sous l'apogée limpide.

 

***

 

L'alphabet

 

Lorsque viennent les mots je vais les accueillir
En ma demeure intime en ma maison secrète
J'aime les accueillir trépignant du plaisir
De prendre leur envol en dehors de ma tête.

 

Lorsque j'avais appris l'alphabet usuel
Je ne me doutais pas que tout un rituel
Se dresserait alors en lettres majuscules
Sur les lignes noircies de tous mes opuscules.

Quand le touché soyeux des ailes angéliques


Effleure l'apparence éthérée des nuages
Je songe à cet instant d'un rêve fantastique
Où l'illusion s'installe au détour de la page.

 

Lorsque j'avais appris l'alphabet fabuleux
Et l'étrange voyage au cœur des mots curieux
Je ne me doutais pas qu'une empreinte nouvelle
Revêtirait mes pas d'étoiles et d'étincelles.

 

***

 

Il y a au fond de moi

 

Il y a au fond de moi
Des traces de départs
D'oiseaux fugitifs
Cachés au creux de mes nids

 

Il y a des saisons blanches
Posées sur mes cheveux
D'où naissent mes poèmes
Qui coulent sous l'eau vive

 

Il y a des refrains
De joyeuses chansons
Qui déploient leurs rengaines
Sur les champs de ma Terre

 

Il y a des aurores
Aux crinières ébouriffées
Qui attrapent la Lune
Lorsque le ciel foule mes nuits

 

Il y a des aéroports
Qui m'offrent des voyages
Au creux des flancs puissants
D'avions en partance
Vers tous mes rêves bleus

 

Il y a chaque mot griffonné sur la marge
Des fleuves de parole inaltérée
Sans virgule ni point de suspension
Sans parenthèse inachevée

 

Il y a au fond de moi
Des jours remplis de lignes
Des pays de cocagne
Qui naissent dans mes mains.

 

***

Commencement

 

Mot ! Accompagne-moi au-delà de moi-même
Ne cherche pas à comprendre
Mais accepte ce qui vient
Tout ce qui advient en profusion narrative.

 

Accueille patiemment la page buvard
Celle qui aspire le souffle volubile.
Ton cou est entouré de colliers tourmentés
Sautillant sur la gorge dénuée de phrases.

 

Au commencement il y a bien le sang
De l’encre dont la teinte basaltique
Absorbe la parole première
Dormant au pied de la pierre sacrée.

 

Installe-toi dans la légèreté
Pour t’éveiller à la substance sauvage
Juste avant d’effleurer le sillage céleste
De la confrérie des astres.

 

Mot ! Emporte-toi sur le dos du jour
Vers la promesse du renouveau
Dans ce soubresaut permanent
Découvrant la pâle lueur d’aube.

 

C’est comme un tourment étouffé
Par le temps bienveillant.
Comme si la patience
Trouvait son éclaircie.

 

Mot ! C’est bien ici que tout commence,
Dans les gazouillis joyeux
Des hirondelles et des pinsons
Lorsque les cerisiers refleurissent.

 

***

 

Elle se veut d'eau et de vent

 

Parfois, lorsque le rêve apporte
La clef du ciel d’hiver qui porte
La mémoire engourdie de brume,
La pâleur d’un trait d’écume

Dessine le mot inconscient
Sur la feuille aux lignes d’argent.

 

Elle se veut d’eau et de vent,
Oh ! Douce voix des sentiments.
Elle se veut d’eau et d’amour,
Oh ! Douce voix de nos toujours.

 

Sur la surface en clair de lune,
Le blanc rapièce l’infortune.
Elle s’endort dans les tiroirs
Secrets d’un très joli grimoire,
En faisant de la résistance
Au vent qui gouverne la danse.

 

Elle se veut d’eau, de soleil,
Oh ! Douce voix au goût de miel.
Elle se veut d’eau et de rires,
Oh ! Douce voix en ses sourires.

 

Parfois, l’écrivain malheureux
Franchit la marge de ces lieux,
Pour partir au seuil du voyage
S’ouvrant sur le dernier péage
D’une route rêche et opaque
Où le mot se perd et se braque.

 

Elle se veut d’eau et de vin,
Oh ! Douce voix en son levain.
Elle se veut d’eau et de vent,
Oh ! Douce voix de nos tourments.

 

En ce temps de calme blancheur,
La rime pose sa candeur
Sur le papier qui poétise
Les déliés chantent à leur guise
En inventant d’autres voyelles
Quand l’horizon blanchit ses ailes.

 

Elle se veut d’or, de parole,
Oh ! Douce voix qui auréole
Le monde de nos différences,
Créant toutes nos ressemblances.

 

***

 

Écoute-moi !

 

Écoute-moi !

Toi qui viens de mon rêve

Je dépose à tes pieds

Les couleurs ravivées de la renaissance

Je défroisse les plis de tes tenues légères

Que tu as enfermé dans ta maison d’hiver.

 

Écoute-moi !

Toi qui arrives de la froide saison

Déjà, sous ses rives terreuses

Le printemps chuchote ses audaces

La rivière charrie ses élans fougueux

Et réinvente son chemin d’écume.

 

Écoute-moi !

Toi qui attends la lumière bleue

Je dépose dans tes mains

Des bouquets printaniers

J’emprunte l’accès du courant vivifié

Pour te rejoindre dans le suc frais de l’aubier.

 

Écoute-moi !

Les arbres dessinent leurs bourgeons

Répandant la myrrhe jusqu’au bout des ramures

Dans ce battement de cœur universel

Qui frémit derrière chaque porte ouverte

Sur l’heure qui se répète inlassablement.

Écoute bien ! C’est le printemps !

 

***

 

L'attrapeur de rêve

 

Je suis l’attrapeur de tes rêves
Quand le doute habite ton cœur
Je veille au grain et je soulève
Le voile incertain de tes peurs.

 

Je te protège à chaque instant
Lorsque tu dors pendant la nuit
Quand tes pensées sont endormies
Au royaume de ton présent.

 

Tissant ma toile d’araignée
Je capture les feux-follets
Les mauvais génies rassemblés
Dans les mailles de mon filet.

 

J’éloigne tous les maléfices
Quand les démons veulent entrer
Dans ta vie et ta destinée
Les traînant dans un précipice.

 

Je suis l’attrapeur de tes rêves
Qui accroche à tes espérances
L’éclat du soleil qui se lève
Sur ton porte-bonheur et chance.

 

***

 

Écriture

 

Pureté !

Dans ma demeure, il y a des mots libres de s'exprimer sur des pages aussi blanches qu'une pensée vierge.

 

Intense !

L'écriture s'apprend, se révèle dans sa virginité.

Les mains sculptent des chemins, entonnent des chants silencieux.

 

Enivrante !

Son odeur d'encre et de pluie se fond dans l'écrit, noyant la langue muette sur le buvard en joie.

 

Éraflure !

La plume écorche la feuille, parole éclose dans la lumière, inspiration éveillée par le souffle.

Rien n'arrête la houle noire des lettres.

 

Cicatrice !

Morsure de la vie posée à califourchon sur le pouls solitaire. Indicible tourment, ressac d'éternité, distance minuscule, premier vocable majuscule.

 

Aveux !

Entre l'espace et la feuille vive, il y a l’haleine du temps qui aiguise le sens du trait, avec ce besoin primordial d'écrire le contour nu de l'âme. 

 

***

 

As-tu vu ce soir ?

 

As-tu vu ce soir ?

Les journées s'allongent !

En éclats toniques, le ciel bleu disperse les blêmes manteaux de l'hiver glacé.

 

As-tu vu ce soir ?

Je n'ose bouger ni cueillir la tendre odeur de la terre aux parfums fleuris.

 

As-tu vu ce soir ?

Les oiseaux gazouillent encore plus qu'hier !

Les bourgeons alertes habillent la branche d'anges duveteux.

 

As-tu vu ce soir ?

Le vent s'adoucit apportant avec lui le douillet des jours et ses airs de printemps attendus avec joie.

 

***

 

Invitation

 

Ferme les yeux et viens, je t’invite à rêver.

Et tout comme l’oiseau, accroche sur ton dos

Des ailes pour voler sur les toits argentés.

Tu verras beaucoup mieux les jardins tout là-haut.

 

Ouvre les yeux et viens, je t’invite à flâner

Sur l’aile d’un voyage où le temps est propice

À l’errance du vent qui se pose à côté

De l’odeur du jasmin. Faisons-nous ce caprice.

 

Aimerais-tu aller sur les sentiers perdus

En ces égarements que l’évasion réclame ?

Viens, allons voir au loin tous les cieux inconnus.

 

C’est la fleur sur le cœur et la douceur dans l’âme

Que nous pourrons aller sous l’espace étoilé

Tellement éclatant quand tu rêves éveillé.

 

***

Allons voir au jardin

 

Allons au jardin

Cueillir les abécédaires des fleurs.

Accrocher les pépins des mots

Aux branches du grand chêne

En greffant ses ramures aux courbes des roseaux.

 

Allons voir au jardin

Les abeilles impatientes de miel onctueux.

Les narcisses couronnés d'or

Les bourgeons gonflés de sève

Les promesses de fruits sur le vieux pommier.

 

Allons au jardin

Étreindre la voix du ruisseau

Courant à perdre haleine

Le long des berges moussues

Sous un soleil dardant ses plus doux rayons.

 

Allons voir le jardin

S'habiller de neuf la prochaine saison.

Indices flous au creux des étamines

Les plantes encore figées par les gelées

S'attellent au grand charroi des renaissances.

 

Allons au jardin

Libérer les touffes frileuses des violettes

Qui pointent leurs couleurs effrontées

Entre les vieilles neiges encore à fondre

Allons voir au jardin la danse des pollens.

 

***

Où vous les nuages ?

 

Poète, je sais où vont les nuages !

Ils vont là-bas

De l'autre côté du ciel

Poser sur le lit des anges

Leur duvet moutonneux.

 

Poète, je sais où vont les nuages !

Ils vont ailleurs

Arroser de leur lourdeur grise

La terre assoiffée

D'ondées bienfaisantes.

 

Poète, je sais où vont les nuages !

Ils s'en vont loin

De l'autre côté du monde

En ces endroits uniques

Où le rêve ose être en vie.

 

Poète, le crois-tu ?

 

***

 

Après

 

Après le paysage de neige

Il y a des lichens pendus aux saisons nues

Il y a aussi des épreuves en exil

Des énigmes exprimées par le vent triomphant.

Le temps a souvent le geste juste

Lorsque ses mains s'étendent sur les paupières

Quand il efface la grisaille du cœur

Lorsqu'il festonne les nuages et la pluie.

 

Après le paysage de neige

La courbe d'une colline déverse des cailloux colorés

Rassemblant sur une autre saillie

Tous les récits du monde.

À l'abri des arbres

Il y a des parfums d'éternité

Que l'on peut attiser jusqu'à perdre haleine.

Il y a tout à coup l'envol délicat

Des oiseaux migrateurs...

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