Poèmes à lire, Littérature, Poésie de Jeannine Biehler (1)

Les poèmes sont extraits des différents recueils disponibles sur le site

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Dernière mise à jour : le 11 mars 2021. Voir aussi en page 2

Écoute-moi !

Écoute-moi !

Toi qui viens de mon rêve

Je dépose à tes pieds

Les couleurs ravivées de la renaissance

Je défroisse les plis de tes tenues légères

Que tu as enfermé dans ta maison d’hiver.

Écoute-moi !

Toi qui arrives de la froide saison

Déjà, sous ses rives terreuses

Le printemps chuchote ses audaces

La rivière charrie ses élans fougueux

Et réinvente son chemin d’écume.

Écoute-moi !

Toi qui attends la lumière bleue

Je dépose dans tes mains

Des bouquets printaniers

J’emprunte l’accès du courant vivifié

Pour te rejoindre dans le suc frais de l’aubier.

Écoute-moi !

Les arbres dessinent leurs bourgeons

Répandant la myrrhe jusqu’au bout des ramures

Dans ce battement de cœur universel

Qui frémit derrière chaque porte ouverte

Sur l’heure qui se répète inlassablement.

Écoute bien ! C’est le printemps !

 

L'attrapeur de rêve

Je suis l’attrapeur de tes rêves
Quand le doute habite ton cœur
Je veille au grain et je soulève
Le voile incertain de tes peurs.

 

Je te protège à chaque instant
Lorsque tu dors pendant la nuit
Quand tes pensées sont endormies
Au royaume de ton présent.

 

Tissant ma toile d’araignée
Je capture les feux-follets
Les mauvais génies rassemblés
Dans les mailles de mon filet.

 

J’éloigne tous les maléfices
Quand les démons veulent entrer
Dans ta vie et ta destinée
Les traînant dans un précipice.

 

Je suis l’attrapeur de tes rêves
Qui accroche à tes espérances
L’éclat du soleil qui se lève
Sur ton porte-bonheur et chance.

 

Écriture

Pureté !

Dans ma demeure, il y a des mots libres de s'exprimer sur des pages aussi blanches qu'une pensée vierge.

 

Intense !

L'écriture s'apprend, se révèle dans sa virginité.

Les mains sculptent des chemins, entonnent des chants silencieux.

 

Enivrante !

Son odeur d'encre et de pluie se fond dans l'écrit, noyant la langue muette sur le buvard en joie.

 

Éraflure !

La plume écorche la feuille, parole éclose dans la lumière, inspiration éveillée par le souffle.

Rien n'arrête la houle noire des lettres.

 

Cicatrice !

Morsure de la vie posée à califourchon sur le pouls solitaire. Indicible tourment, ressac d'éternité, distance minuscule, premier vocable majuscule.

 

Aveux !

Entre l'espace et la feuille vive, il y a l’haleine du temps qui aiguise le sens du trait, avec ce besoin primordial d'écrire le contour nu de l'âme. 

As-tu vu ce soir ?

As-tu vu ce soir ?

Les journées s'allongent !

En éclats toniques, le ciel bleu disperse les blêmes manteaux de l'hiver glacé.

 

As-tu vu ce soir ?

Je n'ose bouger ni cueillir la tendre odeur de la terre aux parfums fleuris.

 

As-tu vu ce soir ?

Les oiseaux gazouillent encore plus qu'hier !

Les bourgeons alertes habillent la branche d'anges duveteux.

 

As-tu vu ce soir ?

Le vent s'adoucit apportant avec lui le douillet des jours et ses airs de printemps attendus avec joie.

Invitation

Ferme les yeux et viens, je t’invite à rêver.

Et tout comme l’oiseau, accroche sur ton dos

Des ailes pour voler sur les toits argentés.

Tu verras beaucoup mieux les jardins tout là-haut.

 

Ouvre les yeux et viens, je t’invite à flâner

Sur l’aile d’un voyage où le temps est propice

À l’errance du vent qui se pose à côté

De l’odeur du jasmin. Faisons-nous ce caprice.

 

Aimerais-tu aller sur les sentiers perdus

En ces égarements que l’évasion réclame ?

Viens, allons voir au loin tous les cieux inconnus.

 

C’est la fleur sur le cœur et la douceur dans l’âme

Que nous pourrons aller sous l’espace étoilé

Tellement éclatant quand tu rêves éveillé.

 

 

Allons voir au jardin

Allons au jardin

Cueillir les abécédaires des fleurs.

Accrocher les pépins des mots

Aux branches du grand chêne

En greffant ses ramures aux courbes des roseaux.

 

Allons voir au jardin

Les abeilles impatientes de miel onctueux.

Les narcisses couronnés d'or

Les bourgeons gonflés de sève

Les promesses de fruits sur le vieux pommier.

 

Allons au jardin

Étreindre la voix du ruisseau

Courant à perdre haleine

Le long des berges moussues

Sous un soleil dardant ses plus doux rayons.

 

Allons voir le jardin

S'habiller de neuf la prochaine saison.

Indices flous au creux des étamines

Les plantes encore figées par les gelées

S'attellent au grand charroi des renaissances.

 

Allons au jardin

Libérer les touffes frileuses des violettes

Qui pointent leurs couleurs effrontées

Entre les vieilles neiges encore à fondre

Allons voir au jardin la danse des pollens.

Où vont les nuages

Poète, je sais où vont les nuages !

Ils vont là-bas

De l'autre côté du ciel

Poser sur le lit des anges

Leur duvet moutonneux.

 

Poète, je sais où vont les nuages !

Ils vont ailleurs

Arroser de leur lourdeur grise

La terre assoiffée

D'ondées bienfaisantes.

 

Poète, je sais où vont les nuages !

Ils s'en vont loin

De l'autre côté du monde

En ces endroits uniques

Où le rêve ose être en vie.

 

Poète, le crois-tu ?

Après

Après le paysage de neige

Il y a des lichens pendus aux saisons nues

Il y a aussi des épreuves en exil

Des énigmes exprimées par le vent triomphant.

Le temps a souvent le geste juste

Lorsque ses mains s'étendent sur les paupières

Quand il efface la grisaille du cœur

Lorsqu'il festonne les nuages et la pluie.

 

Après le paysage de neige

La courbe d'une colline déverse des cailloux colorés

Rassemblant sur une autre saillie

Tous les récits du monde.

À l'abri des arbres

Il y a des parfums d'éternité

Que l'on peut attiser jusqu'à perdre haleine.

Il y a tout à coup l'envol délicat

Des oiseaux migrateurs...

L'attente

L'attente se replie dans le regard du monde, en ce temps de silence où plus personne ne reconnaît son pas. Peu à peu, le corps se courbe face au long couloir de la vie.

 Une flamme se consume doucement en éclairant tant bien que mal les parois du nonchaloir où déambulent les fantômes du passé.

 Les saisons déracinent le mystère puis saisissent l'ombre d'une ride croisée au détour d'une tempe.

 L'automne arrive à son apogée. Le vent arrache quelques ramées d'une éphéméride hasardeuse.

Peu à peu, le froid de l'hiver envahit le cœur, emplissant l'espace monotone des jours.

Le printemps arrose les journées de soleil en composant de nouveaux chants d'allégresse.

 L'été moissonne les certitudes en les remisant au grenier des croyances erronées.

 Le temps n'a que faire des frontières de douleur, des rires envolés, des amours déserteurs.

Pourtant, un répit se déplie sur la frange des heures, en ces instants d'amour et de joie retenant les secondes à l'essentiel de la vie.

 C'est le reflet du Tout, sa chaleur passionnée qui enflamme l'ardeur de vivre encore un peu.          

 Chercher les mots à écrire sur le livre de son existence. Arrimer à la plume chaque envie de hasard, chaque émotion vécue.

Déposer la tendresse sur le bout d'un baiser sans espérer de retour au souffle des étoiles.            

 Avant de partir pour son dernier voyage, pouvoir aimer longtemps tous nos naguères au goût délicat du bonheur. Retenir le présent qui s'attarde sur son imperceptible avenir et ne jamais attendre sa fin.

 

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